Auteur
PROFIL DE CARRIÈRE


Je suis né un 18 juillet dans la Vallée de l'Or et dans l'indifférence générale... la même année que le Prince Charles, le Refus Global et la Déclaration universelle des droits de l'homme. J'ai grandi à Rouyn, grossi sur le Plateau Mont-Royal et perdu du poids à l'Île-des-Sœurs. 
 
J'ai étudié une dizaine d'années en tout. Un peu de latin, d'histoire et de mécanique d'ajustage et beaucoup de français. Rien pour écrire à sa mère...

 
Parlant d'écrire... J'avais douze ans quand mon père m'a révélé un «secret» qui lui brûlait apparemment les lèvres depuis quelques années.
   — Mon fils, nous descendons en droite ligne de Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière.
   —  Pardon ?
   Et de m'expliquer qu'avant d'être des Paquin, nous avions été des Poquelin, etc.
   Je l'ai cru. Tellement que je me suis imaginé que j'allais devenir un grand écrivain...
J'ai fini par aboutir à Drummondville où j'ai monté et lancé la programmation d'une nouvelle station de radio (CKRV). J'ai démissionné dix minutes avant d'être congédié. C'était en 1974. CKRV fut mon dernier employeur...
 
Je suis ensuite devenu agent d'artistes. Au fil des années, j'en ai représenté, conseillé et géré une cinquantaine, dont Jacques Michel, François Dompierre, Robert Toupin, Ghislaine Paradis, Richard Desjardins, Dédé Fortin et les Colocs, Fred Fortin, Philippe Leduc, Lulu Hughes, Lilison di Kinara, etc.
 
Sur cette lancée, j'ai monté et dirigé une société de perception de droits d'auteurs, la SGDA. Entre 1980 et 1985, j'y ai défendu les intérêts de près de 450 scénaristes, dramaturges, écrivains et compositeurs établis, dont celui-ci, celle-là et ceux-là, pour ne pas les nommer. J'ai aussi siégé neuf ans au c.a. de la Socan.
 
Considérant que j'avais assez frayé avec les auteurs, je suis devenu producteur. Entre 1990 et 1995, j'ai produit ou coproduit deux séries télévisées, deux variétés, deux pubs télé et plus ou moins 425 spectacles.
 
J'avais 21 ans quand j'ai réalisé que je n'étais pas né le même jour que le Prince Charles, que mon père n'avait jamais été millionnaire et que je ne descendais pas de Molière... mais le mal était fait. D'aussi loin que je me rappelle, je n'ai jamais cessé de dire à qui voulait l'entendre que j'écrirais au moins quinze livres avant de mourir. Je sais aujourd'hui que si j'y arrive, le dernier s'intitulera Le dernier Poquelin d'Amérique.
   
Pour toutes sortes de raisons, des bonnes et des moins bonnes, j'ai tourné autour du pot aussi longtemps que j'ai pu avant de me mettre à l'ouvrage.
 
J'ai commencé par écrire des réclames publicitaires et des bulletins de nouvelles régionales à la radio de Radio-Nord. J'ai ensuite participé à un concours qui m'a valu d'être embauché par les patrons de CJMS. J'y ai traduit les publicités de Woodhouse, conçu une pub pour Da Giovanni et animé un magazine culturel avant d'être congédié pour cause d'insubordination.
 
J'ai ensuite bossé à CKLM, où je suis resté quatre ans... Je pense me rappeler que j'ai été congédié, quelques mois après avoir été élevé à la «dignité» de directeur des programmes.
 
De 1996 et jusqu'en 2003, j'ai coproduit avec Lise Durocher une cinquantaine de disques  - Les Colocs (Dehors Novembre et Suite 2116), Fred  Fortin (Joseph-Antoine-Frédéric-Fortin-Perron), Lilison di Kinara (Bambatulu), Lulu Hughes (Rock with me) - une dizaine de vidéoclips, quelques films et plus de 300 spectacles. Nous avons récolté des plaies, des bosses, des Félix et des disques d'Or et de Platine.
 
C'est en 2004 que j'ai finalement écrit mon premier livre, au terme d'une valse-hésitation qui m'aura bouffé la moitié de ma vie.
J'ai écrit Dédé en 2004, Les 400 coups de Gilles Proulx en 2005, Luc Maurice et les nouveaux vieux en 2008 et Le plus beau Noël de ma vie en 2010. J'en suis à la deuxième écriture de mon premier roman policier, La ligue des menteurs, et je planche sur trois autres livres: un roman, Les démons de Lancelot, un essai, Les bâtisseurs du Québec moderne, et Le dernier Poquelin d'Amérique qui sera mon ultime roman.
 
J'écris mes livres à la main (une exigence de mon éditeur). C'est Lise Durocher qui les formate, les édite et qui les publie sur Quitte ou Double, la maison d'édition qu'elle a fondée en 2004.
 
Voilà. Je pense n'avoir rien oublié.

Raymond Paquin
Photos : John Hachez